Sommaire
- L'une des plus anciennes plantes de jardin
- D'où vient la giroflée ?
- La giroflée dans les jardins ruraux
- Les giroflées modernes
- La giroflée (Erysimum) et ses variantes :
- La giroflée dans l'art des massifs britanniques
- Semer la giroflée
- Semis de giroflée (nom botanique : Erysimum)
- Cultiver soi-même l'Erysimum
- Cultiver des giroflées : 5 étapes pour créer votre variété
- 1. Semis du mélange de giroflées (mai-août)
- 2. Définir les critères de sélection
- 3. Isoler les plantes de la pollinisation croisée
- 4. Récoltez les graines et testez-les à nouveau
- 5. Vous pouvez donner un nom à la variété obtenue.
- La giroflée dans mon jardin
L'une des plus anciennes plantes de jardin
En France, nous connaissons aussi cette plante sous le nom de giroflée des murailles, tandis qu’au Royaume-Uni, elle porte le nom de wallflower. Présente depuis longtemps dans nos jardins, elle ornait déjà les jardins médiévaux, notamment ceux des monastères. Avec ses petites fleurs colorées et son parfum sucré évoquant celui des œillets, la giroflée égayait les vases placés sur les autels au printemps.
Son nom de « fleur des murs » vient par ailleurs de sa capacité remarquable à pousser dans les interstices et les fissures des murs.
D'où vient la giroflée ?
Très appréciée depuis le Moyen Âge, la giroflée des jardins (Erysimum x cheiri) provient de plusieurs ancêtres sauvages appartenant au genre Erysimum. Son origine remonte notamment au sud-est de l’Europe, car elle possède une part génétique d’Erysimum corinthum, une espèce native de Grèce. Il est difficile de déterminer avec certitude quelles autres espèces ont contribué à sa sélection, mais il existe aujourd’hui un grand nombre de variétés horticoles.
La giroflée dans les jardins ruraux
En France, la giroflée des murailles fait partie des plantes traditionnelles des anciens jardins de campagne, notamment dans des régions comme la Provence ou la vallée de la Loire. En Angleterre, elle est appelée wallflower et constitue un incontournable des jardins de cottage.
Les Erysimum sont souvent cultivés dans les rocailles, sur les vieux murs ou dans les massifs bien exposés au soleil. Ils tolèrent bien la sécheresse et apprécient des conditions similaires à celles des tulipes, avec lesquelles ils sont d’ailleurs souvent associés lors de la plantation.
Photo : la giroflée est une plante très répandue dans les jardins de campagne classiques.
Les giroflées modernes
On distingue aujourd’hui deux types de giroflées. L’Erysimum x cheiri, tout d’abord, est une variété bisannuelle, avec un cycle de développement de deux ans : elle se sème la première année et fleurit au printemps suivant. Si vous la semez chaque année, vous profiterez ainsi d’une floraison renouvelée chaque printemps.
Il existe aussi des giroflées dites « vivaces », issues d’autres espèces sauvages comme Erysimum linifolium. Les variétés modernes ont été sélectionnées pour leur longévité et leur floraison prolongée. C’est dans ce contexte qu’est née la plus célèbre des wallflowers actuelles : la variété ‘Bowles Mauve’.
Photo : une variété particulièrement appréciée : « Bowle's Mauve ».
La giroflée (Erysimum) et ses variantes :
| Giroflée bisannuelle (Erysimum x cheiri) | Giroflée vivace (Erysimum hybrides) |
| Floraison printanière | Floraison du printemps à la fin de l'été |
| Semis nécessaire chaque année, Boutures | Taille de rajeunissement tous les 2 à 3 ans, Boutures |
| Souvent très parfumé, odeur de clou de girofle sucré | Généralement discret ou inodore |
| Cycle de vie de deux ans | Un peu plus long car peut fleurir pendant plus de deux ans |
La giroflée dans l'art des massifs britanniques
Étant donné que la giroflée est le plus souvent bisannuelle, elle fleurit au printemps de la deuxième année suivant le semis, et meurt souvent ensuite. C’est pourquoi les jardiniers anglais l’utilisent comme une “plante de garnissage saisonnière” : elle permet d’occuper les espaces vides au printemps, en attendant que les plantes vivaces prennent le relais. Une fois la floraison terminée, elle est retirée ou remplacée par des espèces à floraison estivale, comme les cosmos ou les sauges.
Depuis de nombreuses décennies, la giroflée est utilisée pour apporter des couleurs vives et chaleureuses dans les massifs : jaune, orange, rouge brique… Dans les parterres traditionnels de printemps, elle est souvent associée à des tulipes pourpres, des jonquilles jaunes et des giroflées jaunes, créant ainsi un contraste spectaculaire. Les variétés rouge brique se marient aussi très bien avec des jonquilles blanc crème, pour un effet tout en élégance. Mais des associations ton sur ton peuvent être tout aussi magnifiques.
Lorsque le Chelsea Flower Show est diffusé sur YouTube en mai, je deviens injoignable pendant plusieurs jours. Certains suivent la Coupe du monde de football, moi, je regarde le Chelsea Flower Show. On y découvre des compositions végétales fascinantes, et l’on réalise à quel point le béton peut sembler insignifiant dans l’aménagement d’un jardin. En revanche, on n’y voit pas souvent le style classique associant giroflées, tulipes et jonquilles. Non pas que cette association soit jugée trop banale pour un tel événement : elle est simplement si familière depuis des décennies qu’elle n’est pas mise en avant.
Semer la giroflée
Je l’ai vu dans plusieurs émissions de jardinage britanniques : dans le pays de mes héros et héroïnes du jardin, les giroflées (Erysimum x cheiri) sont vendues à racines nues au printemps. Cela permet de réaliser facilement des plantations en masse, rapides à mettre en œuvre et peu onéreuses. À ma connaissance, ce type de vente n’existe pas chez nous. Et, malheureusement, je ne connais personne en France qui s’en plaigne…
C’est pour cette raison que j’ai semé l’an dernier le mélange de giroflées proposé dans la collection Lubera — et je recommencerais sans hésiter ! J’ai été étonné par la richesse des coloris : chaque plante issue du sachet de graines est unique.
J’ai réalisé le semis au printemps, fin mai. Au fil de l’été, les plants sont devenus vigoureux, et cette année, ils fleurissent magnifiquement.
Voici mes conseils pour réussir le semis :
Semis de giroflée (nom botanique : Erysimum)
- De mai à mi-août, remplir des pots de semis avec du terreau.
- Semer les graines en surface, appuyer légèrement.
- Maintenir légèrement humide.
- Température de germination : environ 15-20 °C.
- Durée de germination : environ 3 semaines.
- Après la formation de 2 à 4 paires de feuilles, repiquer dans des pots individuels (éclaircir).
- À partir de la mi-septembre ou au printemps suivant, planter en pleine terre.
Cultiver soi-même l'Erysimum
Seuls quelques plants de giroflée ont fleuri dès la première année. Parmi eux, un spécimen se démarquait : il semblait rassembler toutes les couleurs possibles de l’Erysimum. À peine l’avais-je repéré que j’ai su que je voulais le multiplier. Pour cela, il me fallait récolter ses graines.
Photo : mon semis préféré issu du sachet de graines contenant lemélange de giroflées de Lubera.
Pour pouvoir récolter les graines de ce spécimen remarquable, il fallait évidemment qu’il soit pollinisé, idéalement par lui-même, pour que ses descendants ressemblent à la plante mère. J’ai donc pris soin d’isoler au maximum ce plant, que j’avais rempoté avec amour, afin de le tenir à l’écart des autres. À la fin de l’été, j’ai récolté ses graines, dans l’idée de les semer à nouveau cette année.
Je laisserai à nouveau les graines des plants semés cette année arriver à maturité. Parmi les plantes filles, je sélectionnerai celles qui ressemblent le plus à leur plante mère, et je sèmerai leurs graines l’année suivante. Ce processus sera répété pendant plusieurs années, jusqu’à ce que toutes les descendantes d’Erysimum présentent des caractéristiques similaires. J’espère que mon plan portera ses fruits… et que je pourrai ainsi obtenir mes premières graines véritablement fidèles au semis.
Si vous souhaitez essayer vous-même, voici un résumé de la procédure à suivre.
Cultiver des giroflées : 5 étapes pour créer votre variété
1. Semis du mélange de giroflées (mai-août)
- Semer autant de giroflées que possible (pour une grande diversité génétique).
- L'année suivante, observez-les attentivement pour noter leur couleur, leur port, leur période de floraison, leur parfum, etc.
2. Définir les critères de sélection
- Quelles sont vos attentes vis-à-vis de la plante, par exemple des plantes uniquement jaunes, parfumées ou compactes ?
3. Isoler les plantes de la pollinisation croisée
- Isolez les Erysimum souhaités afin que les caractéristiques indésirables d'autres plantes ne leur soient pas transmises par pollinisation.
- Retirez à temps du parterre toutes les plantes présentant des caractéristiques indésirables.
- Ne laissez fleurir et former des graines que les plantes souhaitées.
4. Récoltez les graines et testez-les à nouveau
- L'année suivante, semez à nouveau les graines des plantes souhaitées.
- Sélectionnez à nouveau les 10 à 20 % des meilleures.
- Répétez l'opération jusqu'à obtenir une lignée stable sur au moins 5 générations.
5. Vous pouvez donner un nom à la variété obtenue.
La giroflée dans mon jardin
J’ai beaucoup de plants de giroflée, mais chacun est unique, avec ses propres caractéristiques. J’ai cueilli des tiges de ceux qui me plaisaient le plus, puis je les ai associées à des bulbes de fleurs qui fleurissaient en même temps. J’ai été charmée par la façon dont les tons chauds des giroflées faisaient écho aux couleurs des jonquilles trompettes. Certaines variétés modernes de narcisses offrent des trompettes d’un abricot délicat ou d’un rouge orangé intense, qui s’accordent à merveille avec le rouge profond de la giroflée. Et quand j’y ajoute les majestueuses fritillaires impériales (Fritillaria imperialis), alors là… le printemps me sourit vraiment.
Photo : la giroflée fleurit au printemps avec les fritillaires et les narcisses. La jonquille « Bella Vista » a une trompette dans plusieurs tons orange, que l'on retrouve également dans la fritillaire « Garland Star » et le semis de giroflée.
Mon projet pour les prochaines années : planter des vivaces assorties aux combinaisons de giroflées et de bulbes que j’ai le plus aimées. Ces vivaces devront masquer le feuillage fané des tulipes et des narcisses une fois leur floraison terminée. Jusqu’à présent, les heuchères, les géraniums et les épimédiums ont parfaitement rempli ce rôle dans mon jardin. Et pour ne rien oublier de mes idées, j’ai pris des photos.
Photo : mon plant de giroflée préféré, avec un dégradé de couleurs fascinant, associé à la tulipe « Black Diamond »,à l'heuchère « Rachel »,à la jonquille « Segovia » etau cœur-de-Marie. Un mariage de plantes de rêve, qu'en pensez-vous ?
L'euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides) « Purpurea » est visuellement au top presque toute l'année et elle engloutit littéralement le feuillage fané, y compris celui des narcisses. Mes semis de giroflée jaunes et brun-rouge et le narcisse « Bella Vista » formeront certainement un trio harmonieux à l'avenir.
Photo : semis de giroflée dorée et brun-rouge avec des narcisses « Bella Vista » et de l'euphorbe pourpre.
Une nouvelle idée de plantation m’est venue ce matin, en me promenant dans le jardin. L’année prochaine, je veux absolument planter ces trois variétés ensemble dans un même parterre : la tulipe « Prinses Irene », l'adorable narcisse « Kokopelli » et la giroflée rouge foncé.
Photo : mon idée d’association pour l'année prochaine...
Pour concrétiser toutes ces idées à l’avenir, il me faudra beaucoup plus de plants de mes giroflées préférées. Je vais donc lancer ma prochaine campagne de semis d’Erysimum dès le mois de mai. Avec un peu de chance, je pourrai cultiver pour la première fois des graines réellement fidèles au type dans les années à venir. Ainsi, mes combinaisons de rêve entre giroflées, vivaces et fleurs à bulbes pourront enfin prendre vie dans le jardin.