- Résumé
- Causes et facteurs de risque des maladies de la vigne
- Les principaux ravageurs et maladies de la vigne
- Comment éviter les parasites et les maladies dans les vignes
- Oïdium (Oidium tuckeri / Erysiphe necator)
- Comment reconnaître l'oïdium sur la vigne
- Le cycle d'infection de l'oïdium
- Voici comment éviter l'oïdium
- Comment lutter contre l'oïdium
- Mildiou (Peronospora / Plasmopara viticola)
- Le cycle d'infection du mildiou
- Comment reconnaître le mildiou de la vigne
- Comment prévenir une infestation par le mildiou
- Botrytis cinerea
- Comment reconnaître la pourriture grise sur les vignes
- Le cycle d'infection de la pourriture grise
- Voici comment éviter la pourriture grise
- Comment lutter contre la pourriture grise
- Rougeot parasitaire de la vigne (Pseudopezicula tracheiphila)
- Comment reconnaître le rougeot parasitaire de la vigne sur les vignes
- Le cycle d'infection du rougeot parasitaire de la vigne
- Voici comment empêcher une infestation par le rougeot parasitaire de la vigne
- Comment lutter contre le rougeot parasitaire de la vigne
- Les principaux ravageurs des vignes
- Le phylloxéra
- La tordeuse de la vigne (Eupoecilia ambiguella)
- Comment reconnaître la tordeuse de la vigne ?
- Le cycle d'infection de cette tordeuse
- Comment prévenir une infestation par la tordeuse de la vigne
- Eudémis de la vigne (Lobesia botrana)
- Comment reconnaître l'Eudémis de la vigne ?
- Le cycle d'infection de l'Eudémis de la vigne
- Voici comment prévenir et lutter contre une infestation d'Eudémis de la vigne
- L'érinose de la vigne (acariens microscopiques)
- Guêpes
- Oiseaux
Résumé
Les vignes sont sensibles à de nombreux problèmes, surtout dans les endroits ombragés et mal ventilés, et pendant les années chaudes et humides. Parmi les maladies les plus importantes, on trouve l'oïdium, le mildiou, la pourriture grise et la rouille rouge. Les principaux ravageurs sont le phylloxéra, le ver de la grappe et la tordeuse de la vigne. Pour prévenir les maladies fongiques, il est surtout important de choisir un emplacement ensoleillé et bien ventilé, une variété résistante ou tolérante aux champignons et de procéder à une taille aérée et ciblée qui favorise un séchage rapide après la pluie. Pour lutter contre les ravageurs , il est surtout important de prévoir des bandes de fleurs et des refuges pour favoriser les insectes utiles et de procéder à des contrôles réguliers.
Conseils pratiques :
Privilégiez les variétés résistantes : choisissez des variétés résistantes ou tolérantes aux champignons comme 'Muscat bleu', 'Seyval blanc', 'Blue Dream' ou 'Rose Dream'. Elles n'ont pas besoin de produits phytosanitaires.
Favorisez les insectes utiles plutôt que les pesticides : les bordures fleuries, les parterres d'herbes aromatiques et les haies attirent les guêpes parasitoïdes, les coccinelles et les araignées, ennemis naturels des vers de la grappe et des pucerons, qui contribuent à préserver l'équilibre écologique.
N'oubliez pas le nettoyage d'automne : enlevez systématiquement les feuilles mortes et les fruits momifiés, car de nombreux agents pathogènes comme le mildiou, l'oïdium ou la rouille rouge y survivent pendant l'hiver. Vous pourrez ainsi commencer la nouvelle saison au printemps avec des vignes en bonne santé.
Causes et facteurs de risque des maladies de la vigne
La vigne fait partie des plantes les plus exposées aux ravageurs et aux maladies fongiques dans le jardin. Les insectes et les maladies se propagent rapidement dans les vignes, surtout pendant les années chaudes et humides et dans les endroits protégés du vent et mal aérés. Il est donc très important de contrôler régulièrement vos vignes et de bien connaître les parasites les plus courants pour les garder en bonne santé et récolter du raisin bien parfumé.
Avant de se pencher sur les différents ravageurs et maladies de la vigne, il est utile d'examiner les conditions dans lesquelles ils se développent :
- Problèmes liés à l'emplacement : l'ombre, une humidité élevée du sol ou un manque de circulation d'air favorisent les maladies fongiques et les ravageurs.
- Erreurs d'entretien : un feuillage trop dense, une taille insuffisante ou une fertilisation excessive rendent la plante plus sensible.
- Variétés sensibles : beaucoup de cépages classiques sont particulièrement sensibles à l'oïdium et au mildiou, qui ont été introduits en Europe depuis l'Amérique du Nord au XIXe siècle.
- Conditions météorologiques : les périodes chaudes et humides favorisent surtout le mildiou, tandis que les périodes chaudes et sèches sont plus propices à l'oïdium.
Quand on connaît les risques, on peut mieux s'en prémunir : la meilleure protection des plantes, c'est d'abord le choix de l'emplacement idéal et la gestion de la culture.
Pour savoir comment planter et entretenir au mieux les vignes, consultez notre article « Planter des vignes: conseils pour la plantation et l'entretien des vignes ».
Les principaux ravageurs et maladies de la vigne
Le mildiou et l'oïdium sont les maladies les plus importantes de la vigne. Elles sont mondialement répandues et peuvent causer de gros dégâts, voire détruire complètement les récoltes si elles ne sont pas traitées. D'autres maladies importantes de la vigne sont la pourriture grise et le rougeot. Les principaux ravageurs sont le phylloxéra, le ver de la grappe et la tordeuse de la vigne.
Dans nos articles « Pourquoi les cépages classiques comme le pinot noir ou le riesling ne conviennent pas aux jardins privés » et « Vin PIWI et cépages PIWI : l'avenir de la viticulture biologique », vous trouverez des informations intéressantes sur les cépages résistants et tolérants aux champignons.
Une bonne taille empêche de nombreuses maladies de se propager dans les vignes. Vous trouverez des explications détaillées sur la taille dans nos articles « Tailler la vigne pour les débutants : comment réussir votre taille » et « Tailler la vigne - expliquée en 3 étapes simples ».
Comment éviter les parasites et les maladies dans les vignes
Une des étapes clés pour garder vos vignes en bonne santé, c'est la prévention par la diversité. La biodiversité est la meilleure protection contre les maladies de la vigne. Les monocultures perturbent l'équilibre écologique et favorisent les attaques de champignons et de parasites. Les maladies et les ravageurs se propagent extrêmement vite là où beaucoup de plantes génétiquement identiques poussent à proximité les unes des autres. En revanche, en plantant différentes variétés de vignes et en les répartissant sur plusieurs emplacements différents, vous créez une résistance naturelle. Les cultures intercalaires avec des fleurs créent un espace de vie pour les insectes utiles. Nous vous recommandons les mélanges de graines de fleurs « Fleurs sauvages - Papillons et abeilles » et « Prairie fleurie Dolce Vita ».
Photo : semis du mélange de graines de fleurs 'Dolce Vita', une source de nourriture précieuse pour les insectes utile
Oïdium (Oidium tuckeri / Erysiphe necator)
L'oïdium est l'une des maladies les plus dangereuses pour la vigne. À l'origine, ce champignon était présent sur les cépages sauvages d'Amérique du Nord, qui y sont largement résistants. Depuis 1845, il s'est aussi répandu en Europe et se retrouve aujourd'hui dans toutes les grandes régions viticoles du monde. Les cépages traditionnels comme le riesling, le pinot noir ou le silvaner sont particulièrement sensibles à l'oïdium, car ils se sont développés pendant des siècles dans un environnement exempt d'oïdium et ne possèdent donc aucune défense naturelle contre les agents pathogènes introduits. Une attaque peut entraîner des pertes considérables en termes de rendement et de qualité : les raisins touchés nuisent considérablement à la qualité du vin et lui donnent un goût désagréable.
Photo : l'oïdium peut attaquer aussi bien les feuilles que les fruits.
Ce champignon est un parasite biotrophe, spécifique à son hôte, ce qui veut dire qu'il vit uniquement sur les tissus vivants de la vigne et ne peut pas se reproduire sans hôte. Il forme un fin réseau de filaments fongiques (hyphes) à la surface de la plante et puise les nutriments de la vigne grâce à des organes suceurs spéciaux (qui pénètrent dans les cellules épidermiques). Il affaiblit ainsi le tissu foliaire et perturbe tout le métabolisme de la plante.
Comment reconnaître l'oïdium sur la vigne
Les premiers symptômes apparaissent généralement entre fin mai et début juin : une fine couche blanchâtre-grise, semblable à de la farine, recouvre le haut des feuilles, les jeunes pousses et les raisins. Avec le temps, cette couche devient plus dense et plus grise, les feuilles s'enroulent, les jeunes pousses restent courtes, les raisins poussent à peine ou éclatent. Le champignon freine la croissance de la plante, empêche les sarments de mûrir et augmente donc le risque de dégâts dus au gel en hiver. La qualité des raisins en pâtit aussi beaucoup : le goût et la récolte sont clairement affectés.
Photo : oïdium sur les feuilles d'une vigne.
Le cycle d'infection de l'oïdium
Le champignon Erysiphe necator survit de deux façons : sous forme de mycélium dans les bourgeons infectés (ce qui donne au printemps des pousses courtes et rabougries) et sous forme de corps fructifères (clistothèces) sur l'écorce, les grappes sèches ou les feuilles. Les hivers doux et humides sont propices à la survie de ces organes dormants.
Au printemps, après la pluie, les fructifications du champignon s'ouvrent et libèrent des ascospores qui infectent les feuilles et les jeunes pousses dès 7 °C. Les pousses indicatrices qui jaillissent des bourgeons infestés libèrent aussi des spores tôt et forment les premiers foyers d'infection. Contrairement au mildiou, l'oïdium n'a pas besoin que les feuilles soient mouillées : des périodes chaudes et sèches avec une humidité élevée suffisent pour qu'il infecte. La température idéale se situe entre 20 et 27 °C.
Après la première infection, le champignon produit continuellement de nouvelles spores (conidies) qui se propagent rapidement grâce au vent et provoquent des infections secondaires en vagues tout au long de l'été. La vigne est particulièrement vulnérable pendant la période dite « fenêtre de l'oïdium », qui va du débourrement jusqu'à environ deux semaines après la floraison : pendant cette période, les jeunes feuilles et les jeunes grappes sont particulièrement sensibles, tandis que les grappes plus âgées deviennent plus résistantes à mesure qu'elles mûrissent. Une infestation non traitée affaiblit la croissance, la maturité du bois et la qualité des raisins.
Photo : le pied de vigne rose sans pépins 'Rose Dream' résiste aux champignons, surtout à l'oïdium.
Voici comment éviter l'oïdium
- Une bonne aération en taillant les branches, en choisissant un bon système de culture (comme un treillis ou une pergola), en enlevant les feuilles superflues et en choisissant un emplacement idéal.
- Les variétés résistantes aux champignons comme
- 'Rose Dream' ou 'Seyval blanc' sont nettement moins sensibles.
- Veillez à un apport équilibré en nutriments : trop d'azote favorise la formation de tissus mous et sensibles.
Pour en savoir plus sur la bonne fertilisation des vignes, consultez notre article « Fertiliser les vignes – Croissance optimale, bonne santé des plantes et rendement maximal ».
Comment lutter contre l'oïdium
- Dès le débourrement (quand environ trois feuilles sont déployées), on peut traiter avec du soufre mouillable, un produit bio autorisé, qui a un effet préventif et légèrement curatif.
- Supprimez systématiquement les feuilles et les pousses touchées et jetez-les avec les déchets ménagers (ne les compostez pas, car le champignon risque de survivre).
- En cas d'infestation importante, effectuez plusieurs traitements tous les 10 à 14 jours, surtout par temps sec et chaud.
Vous trouverez d'autres informations intéressantes dans notre article « Oïdium – causes, prévention et lutte ».
Mildiou (Peronospora / Plasmopara viticola)
Le mildiou, aussi appelé « maladie de la chute des feuilles », est l'une des maladies les plus dangereuses pour les vignes. L'agent pathogène est un champignon proche des algues (Plasmopara viticola), donc pas un « vrai » champignon. Il est originaire d'Amérique du Nord et a été détecté pour la première fois en Europe en 1878. Contrairement à l'oïdium, le mildiou touche surtout les feuilles, les inflorescences et les jeunes raisins ; quand l'infestation est grave, les grappes sèchent et tombent, formant ce qu'on appelle des « raisins secs ».
Photo : le mildiou touche surtout les feuilles, les fleurs et les jeunes fruits.
Le cycle d'infection du mildiou
Le mildiou passe l'hiver sous forme d'oospores dans les feuilles mortes et dans le sol – c'est pourquoi il est très important de bien nettoyer les plantes en automne. Quand il fait humide et chaud au printemps, les spores germent et infectent les jeunes feuilles par les stomates. La règle empirique 10-10-24 (10 mm de pluie, 10 °C, 24 h) indique un gros risque d'infection. Au bout de 5 à 10 jours, des « taches d'huile » jaunâtres apparaissent, sur lesquelles se forme un tapis de spores blanches à l'intérieur des feuilles lors des nuits humides. Le champignon se propage ainsi par vagues. Les jeunes pousses et les baies sont particulièrement sensibles jusqu'à environ deux semaines après la floraison.
Comment reconnaître le mildiou de la vigne
Les premiers signes du mildiou sont des taches jaunâtres et huileuses sur le côté supérieur des feuilles, qui deviennent ensuite brunâtres. Un tapis de champignons blanc-grisâtre et cotonneux se forme sur le revers des feuilles. En cas d'infestation grave, le champignon se propage aux extrémités des pousses, aux inflorescences et aux jeunes raisins. Les grains prennent une couleur brunâtre, se ratatinent et se dessèchent pour former les fameux « grains de cuir ». Une infestation répétée entraîne une chute prématurée des feuilles. La maladie se propage rapidement, surtout pendant les étés chauds et humides, et cause des pertes importantes de rendement et de qualité.
Comment prévenir une infestation par le mildiou
Pour prévenir le mildiou, il est essentiel de maintenir un entretien régulier : les parties infestées doivent être soigneusement éliminées et ne doivent pas être compostées, car le champignon y passe l'hiver. Une culture aérée et l'élimination des feuilles superflues dans la partie où se trouvent les raisins favorisent un séchage rapide après la pluie. Un ensoleillement suffisant et une bonne aération sont aussi importantsl. Les variétés résistantes comme 'Blue Sky' ou 'Seyval blanc' réduisent vraiment le risque d'infection. Attention aussi à ne pas trop mettre d'engrais azoté, car un feuillage trop dense et mou favorise les maladies.
Photo : le raisin blanc 'Seyval blanc' résiste bien au mildiou et à l'oïdium et pousse aussi en altitude.
Dans notre article « Oïdium – causes, prévention et lutte », vous trouverez d'autres informations intéressantes.
Botrytis cinerea
Le botrytis, causé par le champignon Botrytis cinerea, est l'une des maladies les plus courantes et les plus graves qui touchent la vigne. Il s'attaque surtout aux fleurs, aux grains et aux parties abîmées de la plante, surtout quand il fait chaud et humide. Une couche de spores grises caractéristique se forme sur les zones touchées, d'où son nom. Les cépages à grains serrés sont particulièrement exposés, car l'humidité s'accumule dans les grappes compactes et l'air circule à peine.
Comment reconnaître la pourriture grise sur les vignes
La pourriture grise, aussi appelée botrytis, apparaît d'abord sur les fleurs et les jeunes raisins, puis sur les grappes en cours de maturation. Elle se caractérise par une couche de champignons gris et poussiéreuse qui se propage rapidement par temps chaud et humide. La peau des raisins devient brune et molle, puis les fruits se ratatinent ou éclatent. Dans le cas des grappes immatures, on parle de pourriture sèche ou pourriture acide : le moût est alors acide, immature et inutilisable. En revanche, les grappes mûres peuvent développer une pourriture acceptable, qui permet d'obtenir des vins de table de grande qualité.
Photo : Grappe de raisin mûre infectée par la pourriture grise.
Le cycle d'infection de la pourriture grise
Botrytis cinerea est ce qu'on appelle un parasite des plaies : il s'introduit principalement dans la plante par des blessures, par exemple après un épisode de grêle ou une attaque d'insectes. Un temps humide et des températures comprises entre 18 et 25 °C favorisent l'infection. Les spores germent sur les surfaces humides des plantes, pénètrent dans la peau des raisins à l'aide d'enzymes et provoquent la pourriture caractéristique. Dans les grappes denses, les infections peuvent se propager de manière explosive.
Le champignon hivernent sous forme de spores (sclérotes) sur les végétaux morts, les vrilles lignifiées, les grappes séchées ou dans le sol. Dans des conditions favorables (températures douces, humidité élevée), le mycélium reste vivant pendant plusieurs années. Au printemps, l'agent pathogène forme de nouvelles spores qui se propagent par le vent, la pluie ou les insectes et infectent les nouvelles pousses.
Voici comment éviter la pourriture grise
Une bonne circulation de l'air, voilà la meilleure prévention : éliminez les feuilles autour des grappes, aérez les pousses et évitez l'humidité accumulée. Les variétés à grains lâches et résistantes aux champignons comme ‘Muscat bleu’ ou 'White Sky' sont moins sensibles. Évitez d'abîmer les grains en prenant soin d'entretenir leur croissance et de les récolter avec précaution.
Photo : la variété bleue 'Muscat bleu', avec ses fruits très aromatiques, résiste bien à de nombreuses maladies fongiques.
Comment lutter contre la pourriture grise
Dans votre jardin, il vaut mieux miser sur des mesures préventives. En cas d'infestation importante, retirez tout de suite les grappes touchées et jetez-les avec les déchets ménagers.
ende Maßnahmen setzen. Bei starkem Befall befallene Trauben sofort entfernen und über den Restmüll entsorgen.
Rougeot parasitaire de la vigne (Pseudopezicula tracheiphila)
Le rougeot parasitaire de la vigne est une maladie des vignes répandue en Europe, causée par le champignon Pseudopezicula tracheiphila. Elle fait partie des maladies de type anthracnose et apparaît surtout dans les régions fraîches et humides d'Europe centrale. Une forte infestation peut entraîner une chute prématurée des feuilles et donc des pertes importantes en termes de rendement et de qualité.
Comment reconnaître le rougeot parasitaire de la vigne sur les vignes
Les symptômes se manifestent par des taches huileuses, qui brunissent ensuite, nettement délimitées par les nervures des feuilles. Sur les variétés de raisin blanc, elles sont jaunâtres à brunes avec un bord clair, sur les variétés de raisin rouge, elles sont rouge rubis avec un bord violet. Elles se caractérisent par une délimitation claire par les nervures des feuilles, contrairement au mildiou. Au fur et à mesure que l'infestation progresse, les taches sèchent, le tissu foliaire meurt et peut tomber complètement.
Photo : infestation par le rougeot parasitaire de la vigne (Pseudopezicula tracheiphila).
Le cycle d'infection du rougeot parasitaire de la vigne
Le rougeot parasitaire de la vigne hiverne dans les feuilles mortes. Au printemps, dès que les températures dépassent 10 °C et que le sol est humide, le champignon forme de minuscules fructifications noires en forme de coupe (environ 0,5 mm).
Quand il pleut, ces derniers libèrent des spores qui infectent les jeunes feuilles. L'infection commence généralement en avril ou en mai, quand les précipitations projettent les spores du sol ou du feuillage sur les feuilles inférieures. Le champignon pénètre dans le tissu foliaire par les stomates et obstrue les vaisseaux conducteurs d'eau. Cela provoque l'apparition des taches « brûlées » typiques sur les feuilles.
En cas d'infestation grave, le champignon peut tuer des feuilles entières, ce qui peut entraîner la chute des fleurs et des jeunes fruits.
Voici comment empêcher une infestation par le rougeot parasitaire de la vigne
Une bonne hygiène du feuillage est essentielle : les feuilles tombées doivent être enlevées ou incorporées au sol à l'automne pour empêcher l'agent pathogène d'hiverner. Il est important d'avoir un feuillage aéré grâce à une taille ciblée et une croissance équilibrée (pas de surfertilisation en azote). Les emplacements idéaux ensoleillés et bien aérés ainsi que des espacements suffisants entre les plants réduisent le risque d'infection. Les variétés résistantes aux maladies fongiques telles que « Muscat bleu » et « Seyval blanc », qui ont une résistance accrue, sont également avantageuses dans ce cas.
Comment lutter contre le rougeot parasitaire de la vigne
En cas de forte pression d'infestation, un traitement fongicide préventif peut être nécessaire, en particulier avant ou pendant la phase de bourgeonnement au printemps. On utilise des fongicides de contact homologués qui ont un effet préventif. Il est important de bien mouiller le feuillage. Dans les jardins privés, la prévention passe avant tout par l'entretien, une bonne aération et une bonne hygiène – les produits chimiques ne doivent être utilisés qu'en dernier recours.
Les principaux ravageurs des vignes
En plus des maladies qui touchent les vignes, il y a aussi des ravageurs animaux qui peuvent causer des dégâts importants et favoriser les infections secondaires par les maladies fongiques mentionnées plus haut.
Le phylloxéra
Le phylloxéra (Daktulosphaira vitifoliae) a provoqué au XIXe siècle une catastrophe qui a plongé la viticulture européenne dans une crise existentielle et détruit des millions d'hectares de vignobles. Ces minuscules pucerons jaune-vert s'attaquent aux racines des vignes européennes et provoquent des excroissances dans lesquelles s'installent des infections secondaires.
Photo : les excroissances causées par le phylloxéra affaiblissent le système racinaire.
Les formes racinaires sont presque exclusivement limitées aux vignes non greffées. C'est pourquoi, aujourd'hui, on plante surtout des vignes greffées sur des porte-greffes résistants au phylloxéra, ce qui ne laisse aucune chance au ravageur. Dans les régions viticoles, il est interdit de planter des vignes non greffées. Chez Lubera, on ne vend que des vignes greffées.
Pour plus d'informations, lisez nos articles « Le greffage des vignes – pourquoi c'est aussi indispensable pour le jardin potager » et « Reconnaître le phylloxéra et agir : comment protéger vos vignes ».
La tordeuse de la vigne (Eupoecilia ambiguella)
La tordeuse de la vigne est un petit papillon de nuit jaune paille de la famille des tortricidés (Tortricidae) et l'un des ravageurs les plus importants dans la viticulture. Ses chenilles s'attaquent aux fleurs et aux baies, ce qui peut entraîner non seulement des pertes de rendement, mais aussi des infections secondaires par la pourriture grise (Botrytis cinerea).
Comment reconnaître la tordeuse de la vigne ?
Les papillons mesurent 12 à 14 mm de large, ont des ailes jaune paille et une bande transversale brun foncé. Les chenilles de la première génération (chenilles) se nourrissent des inflorescences, celles de la deuxième génération (chenilles) s'introduisent dans les raisins verts. Elles y laissent des trous, des traces d'excréments et favorisent la pourriture. Les raisins infestés se dessèchent ou tombent.
Photo : les chenilles de cette tordeuse mangent les inflorescences et les raisins verts.
Le cycle d'infection de cette tordeuse
En Europe centrale, cette tordeuse a généralement deux générations par an :
- fin juin à mi-juillet – attaque les baies vertes et non mûres.
- Les femelles pondent leurs œufs sur les fleurs ou les baies. Après l'éclosion, les chenilles pénètrent à l'intérieur et continuent à se nourrir.
1ère génération (ver de foin) : fin avril à début juin – elle s'attaque aux inflorescences.
2ème génération (ver acide) :
Les ravageurs hivernent sous forme de chrysalides sous l'écorce des vignes ou sur les adventices et les plantes hôtes à proximité du vignoble. Avec la hausse des températures en avril-mai, les papillons de la première génération éclosent et commencent leur vol nocturne pour s'accoupler et effectuer la ponte des oeufs.
Comment prévenir une infestation par la tordeuse de la vigne
- Favoriser les insectes utiles : les guêpes parasitoïdes et les araignées régulent la population. Les bandes fleuries, les haies ou les végétations riches en espèces leur offrent nourriture et protection.
- Pièges à phéromones : pièges avec des phéromones sexuelles pour surveiller le vol des papillons et détecter tôt les vagues d'infestation.
- Technique de confusion : grâce à des phéromones sexuelles, les mâles et les femelles ne se trouvent pas, ce qui empêche l'accouplement des papillons.
Eudémis de la vigne (Lobesia botrana)
L'Eudémis de la vigne est un papillon de nuit de la famille des tortricidés (Tortricidae) et est considérée comme un ravageur important dans la viticulture d'Europe centrale. Surtout dans les régions viticoles chaudes et sèches, sa chenille cause des dégâts importants aux fleurs et aux baies, ce qui favorise aussi les infections secondaires par le botrytis cinerea.
Comment reconnaître l'Eudémis de la vigne ?
Les papillons mesurent 12 à 13 mm de large et sont marbrés de jaune à gris-brun. Les chenilles mesurent 8 à 9 mm de long, sont de couleur jaune-vert à brun clair et ont une capsule céphalique claire.
Photo : L'Eudémis de la vigne est polyphage et s'attaque à environ 20 espèces végétales différentes.
Le cycle d'infection de l'Eudémis de la vigne
Les femelles pondent leurs œufs un par un sur les fleurs ou les raisins. Les chenilles qui sortent des œufs mangent les raisins et laissent derrière elles des galeries humides et pleines de crottes, un terrain idéal pour le botrytis. Après 20 à 30 jours, les chenilles se transforment en chrysalides et le cycle recommence.
L'Eudémis de la vigne fait deux à trois générations par an :
- 1ère génération (ver de foin) : mange dans les inflorescences et les grappes.
- 2ème génération (ver acide) : creuse des galeries dans les raisins verts.
- 3ème génération (ver sucré, seulement les années chaudes) : s'attaque aux raisins mûrs.
- Les symptômes typiques sont des trous, des toiles et des baies humides et pourries.
L'Eudémis de la vigne hiverne sous forme de chrysalide sous l'écorce des ceps de vigne ou sur des parties de plantes mortes. Dès que les températures remontent en avril/mai, les premiers papillons éclosent et commencent à s'accoupler et à effectuer la ponte des oeufs.
Voici comment prévenir et lutter contre une infestation d'Eudémis de la vigne
Les mesures de lutte contre les tordeuses que sont aussi efficaces contre l'Eudémis de la vigne.
L'érinose de la vigne (acariens microscopiques)
L'érinose de la vigne est une maladie provoquée par des acariens de la vigne (Colomerus vitis, syn. : Eriophyes vitis). Ce sont de minuscules arachnides qui sucent la face inférieure des feuilles de la vigne. Leur alimentation entraîne l'apparition de cloques ou de pustules rougeâtres sur la face supérieure, qui sont visibles au début, mais ne posent généralement qu'un problème esthétique. Mais quand l'infestation est grave, la photosynthèse peut être perturbée, ce qui ralentit la croissance et la maturation des raisins. En enlevant les feuilles touchées et en aérant bien les vignes, on peut souvent contrôler l'infestation.
Photo : une infestation par les acariens de la vigne n'est généralement qu'un problème esthétique.
Guêpes
Les guêpes deviennent un vrai problème quand les grappes sont mûres : elles piquent les baies pour boire le jus sucré. Ça crée des portes d'entrée pour les agents de pourriture comme le botrytis. Des filets ou des pièges spéciaux aident à éloigner ces insectes des vignes. Il est important de ne pas laisser de nids à proximité immédiate des vignes.
Photo : Les filets empêchent les guêpes et autres insectes de s'approcher des raisins.
Oiseaux
Les merles et les étourneaux, en particulier, adorent les raisins mûrs et peuvent causer des pertes de rendement considérables. Ils picorent les baies, ce qui fait sécher ou pourrir les raisins. Pour y remédier, on utilise des filets anti-oiseaux qui recouvrent les vignes pendant la phase de maturation.
Photo : Les filets anti-oiseaux empêchent les oiseaux de manger les grappes.